La rotonde du Lac-des-nations

Au bord du Lac des Nations, à deux pas de la Promenade, côté rue, une rotonde surplombe le lac. Si on lève les yeux, sous le toit, il y a deux bateaux de cuivre: Bateaux-étoiles, une œuvre de Nathalie Caron et Margrethe Ulvik, qui nous a parlé des grands départs et des grandes arrivées. Laissez-vous naviguer.

Cet épisode fait partie d’un balado poétique: huit lieux au cœur de Sherbrooke, huit œuvres sonores, à écouter sur place ou dans le confort de votre foyer.

« Les pigeons qui habitent le toit de la rotonde ont élu domicile au creux des bateaux de cuivre. Pigeons des villes, ils ont choisi de voyager en rêve. » En trame de fond, des néo-sherbrookois nous racontent leurs touchants récits d’immigration et leur amour pour Sherbrooke et le Québec.

Christine Bolduc

Un canard passe sur le lac. Il va rejoindre ses semblables. J’observe le sillon qu’il laisse sur l’eau. Je me laisse surprendre. Longtemps après sa traversée, le sillon demeure apparent sur l’eau. Une si petite chose, toute légère, sur une immense étendue d’eau, qui crée un si grand impact… Je réfléchis à la trace que je laisserai sur cette terre après ma disparition. Une si petite chose toute couverte de plumes…

La clôture de fer forgé de la rotonde est couverte de toiles d’araignées par endroits. Une dentelle d’artisane si fine et si jolie, tissée par un monstre pour attraper ses proies. Quel drôle de monde, quel monde intéressant! On dirait ce matin que la toile a été placée là pour que je me questionne sur le sens du monde. J’ai horreur des araignées. C’est tout ce que je dirai sur le sujet aujourd’hui.

Les sillons laissés par les canards sur l’eau forment des motifs géométriques. Le lac des Nations est une toile pour les œuvres éphémères des canards. Le Lac des nations est un miroir pour mes rêveries.

Les pigeons qui habitent le toit de la rotonde ont élu domicile au creux des bateaux de cuivre. Pigeons des villes, ils ont choisi de voyager en rêve. À quoi rêve un pigeon en dehors du pain ? Est-ce que leur nid vaisseau à voile les emporte dans la nuit ? Sous quels cieux ? De quelles couleurs est la ville de leurs rêves ? Si j’étais pigeon de ville, je choisirais aussi ce bateau pour faire mon nid. J’ai des affinités avec ces pigeons. Nous pourrions peut-être devenir amis.

Claire Jean

Première séance d’écriture à la Rotonde avec Christine et Marine dans un lieu qui rappelle l’immigration, les départs, les arrivées. En ce jour froid de février, Marine, notre quatrième muse, nous annonce qu’elle rentre chez elle, qu’elle part retrouver ses racines.

Elle pleure, nous aussi. Des larmes qui figent sur nos joues à cause du froid.

Quitter un pays d’adoption aimé, revenir à ses origines pour vivre mieux.

Déchirures pour certaines, retrouvailles pour d’autres.

Ainsi va la vie, en marées plus ou moins grandes selon les saisons.

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Sherbrooke (Québec)

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